Des écoles alternatives pour lutter contre l’échec scolaire en banlieue

Espérance Banlieues veut passer la vitesse supérieure. Cette fondation créée en 2012 et présidée par Éric Mestrallet, PDG d’une société de conseil aux dirigeants d’entreprises (Arthur Straight Groupe), s’est fixée pour objectif de réconcilier les enfants avec l’institution scolaire au sein d’établissements d’un genre totalement nouveau, implantés en banlieue. Quatre écoles ont déjà vu le jour à Montfermeil (Seine Saint Denis), Asnières-Gennevilliers (Hauts de Seine), Marseille et Roubaix. « Ce sont des établissements hors contrat, donc totalement libres dans le recrutement des enseignants et dans le choix des rythmes scolaires, des programmes et des méthodes pédagogiques » résume Jean-Baptiste Nouailhac, chargé des relations avec les bienfaiteurs et des partenariats à Espérance Banlieues. Ce qui caractérise ces écoles, ce sont le respect des rites et des règles, l’extrême flexibilité des programmes et le taux d’encadrement des élèves. Les journaux télévisés ont fait leurs choux gras du lever du drapeau français et du baisser des couleurs qui ont lieu chaque début et fin de semaine dans chaque établissement devant les enfants au garde à vous en train de chanter l’hymne national ou des uniformes rouge pour les filles et vert pour les garçons que portent les élèves de primaire ou de collège d’Espérance Banlieues. Mais l’essentiel est davantage dans la pédagogie développée pour ce public particulier, « où l’anglais, par exemple, n’est pas jugé essentiel en primaire compte tenu du fait que pratiquement tous les élèves ont une autre langue d’origine, mais où l’accent est davantage mis sur le français », souligne Jean-Baptiste Nouailhac. A Asnières, 6 enseignants encadrent 52 élèves. Le ratio est généralement d’une dizaine d’élèves par classe, chaque établissement étant conçu pour un maximum de 130 jeunes. La Fondation vise 400 élèves (au lieu de 250 actuellement) et 8 établissements en 2017, mais ses responsables souhaitent accélérer le rythme d’ouverture d’écoles, même si une trentaine de communes ont fait une demande et si 16 projets sont en cours de développement. Sachant qu’un établissement nécessite un budget de fonctionnement d’environ 500 000 euros, « Espérance Banlieues a besoin de financements publics, de la part de l’État et des régions, tout en conservant son indépendance. Libre de nos moyens mais comptables de ses résultats » résume Jean-Baptiste Nouailhac. Pour mieux se faire connaître, Espérance Banlieues, qui est soutenue notamment par l’Institut de l’Entreprise et par le Mouvement d’Alexandre Jardin (les Zèbres), organise début avril un colloque* à Paris, sur un thème qui résume parfaitement son action : « contre l’échec scolaire en banlieue, des solutions issues du terrain ».

 

* lundi 4 avril, de 13h à 18h30, 101 rue de l’Université, 75007 Paris. Renseignements au 0182831187 ou sur www. esperancebanlieues.org