CATM dépasse ses objectifs d’insertion

Les commandes affluent pour l’entreprise d’insertion savoyarde CATM qui vient déjà de recruter une quinzaine de personnes en insertion supplémentaires dans le cadre d’un contrat passé par Tefal.

CATM ne connaît pas la crise ! Cette entreprise d’insertion savoyarde prévoyait d’embaucher sur l’année 2016 une dizaine de personnes afin de répondre à une commande du groupe Tefal (filiale de SEB) portant sur 500 000 thermomètres de cuisson ou Thermo Coach par an. Des poignées amovibles permettant de mesurer la température de cuisson d’une casserole ou d’un plat. Or les recrutements ont été beaucoup plus rapides que prévu. CATM a déjà embauché une quinzaine de personnes et continue à intégrer de nouveaux collaborateurs. « Les pré-séries sont terminées. Nous allons démarrer début novembre la mass production, indique Sami Yacoubi, directeur de CATM. Mais, surtout, nous sommes lancés sur un deuxième produit de la même gamme, un Thermo Spot, un module électronique intégré directement à la poignée de la casserole ». Le chargé d’insertion de CATM va pouvoir puiser dans le vivier d’une quinzaine de personnes sur lequel s’appuie l’entreprise pour faire face à une commande soudaine.

L’atout flexibilité

« Notre valeur ajoutée, c’est la flexibilité », souligne Sami Yacoubi. « Les délais d’acheminement depuis la Chine sont trop longs, ajoute Jean-Patrick Bailhache, délégué général de l’UIMM Savoie, qui accompagne CATM. Le contrat passé par Tefal s’inscrit dans le cadre d’un mouvement de raccourcissement de la chaîne logistique. Il faut que Tefal puisse produire ses pièces au fur et à mesure que s’écoulent ses produits. Ce qui demande de la réactivité, un bon niveau de qualité et des prix compétitifs ». Trois critères que remplit CATM.

Une formidable machine à réinsérer

L’entreprise d’insertion créée il y a près de neuf ans par Sami Yacoubi, lui-même issu d’un quartier dit sensible,  compte désormais une quinzaine d’entreprises clientes en Savoie, en Haute Savoie et en Isère. Des clients qui recrutent volontiers les salariés de CATM lorsqu’ils ont terminé leur contrat d’insertion. Cinq des quinze personnes que vient de recruter l’entreprise d’insertion sont déjà « réservées » par des entreprises régionales. « L’année dernière, nous avons atteint 83% de sorties positives » complète Sami Yacoubi. « CATM est une formidable machine à réinsérer, notamment parce qu’elle est dirigée par quelqu’un qui a connu des difficultés d’insertion », estime Jean-Patrick Bailhache.

Après Tefal, Calor

Autre bonne nouvelle, l’EI savoyarde a séduit une autre filiale du groupe SEB, Calor, qui lui a confié un marché de « rework », c’est-à-dire de vérification et de reprise de pièces fabriquées en Chine.  « Il s’agit, par exemple, de reprogrammation de cartes électroniques, de repositionnement de pièces pour respecter une cote »… Un contrat qui appelle des embauches supplémentaires. Sami Yacoubi ne boude pas ces nouvelles commandes, mais il garde un œil prudent sur le niveau de ses effectifs. « Pour moi, une entreprise reste à taille humaine jusqu’à cent personnes. En septembre, nous avons sorti 109 fiches de paie »…