La Garantie jeunes améliore l’emploi des 16/25 ans non qualifiés

Les premiers résultats publiés par le Comité scientifiques chargé d’évaluer l’impact de la Garantie jeunes révèlent un meilleur taux d’accès à l’emploi (+6,3 points, +4,6 points en emploi durable) pour les bénéficiaires à la sortie de ce dispositif d’accompagnement.

Davantage de jeunes en emploi : tel est l’impact majeur de la Garantie jeunes, mesuré par le comité scientifique en charge de l’évaluation de cette mesure en faveur de l’emploi des jeunes sans qualification. Dans un rapport « intermédiaire » remis fin novembre à la ministre du Travail, le comité présidé par Jérôme Gautié, professeur d’économie du travail à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne pointe « les effets positifs sur l’emploi des bénéficiaires » de ce dispositif d’accompagnement renforcé d’un an, expérimenté à partir de la fin 2013, confié aux missions locales et destiné à des jeunes NEET de 16 à 25 ans (ni en emploi, ni en formation et en situation de précarité).
Première constatation, la Garantie jeunes « semble avoir atteint sa cible ». Parmi les bénéficiaires (8400 en 2014, 50 000 en 2015), plus des trois quarts ont un niveau de formation inférieur au baccalauréat, et 20% ont quitté le système scolaire à l’âge de 16 ans ou même avant. Plus d’un quart d’entre eux vivent dans un Quartier prioritaire au regard de la politique de la ville ou dans une Zone urbaine sensible. Autre signe de précarité, un tiers ont eu des difficultés de logement et la même proportion ne connaît personne susceptible de les aider à résoudre des problèmes d’argent.

strong>Impact positif et très significatif
A ce titre, l’allocation mensuelle versée aux jeunes bénéficiaires (461 euros en 2016), équivalente au montant du RSA pour une personne seule, s’est « révélée primordiale » souligne le rapport qui note que « la logique de contrepartie associée à l’allocation semble bien comprise, et le contrôle afférent pouvant entraîner des sanctions semble non seulement accepté mais même aussi souvent approuvé par les jeunes bénéficiaires ». Autre « apport très important du dispositif », « la dimension collective de l’accompagnement » (organisé en atelier de 10 à 20 jeunes) est « particulièrement appréciée par les jeunes. Le rapport y voit plusieurs avantages, la resocialisation de jeunes exclus, le regain de confiance en soi, l’abandon de conduites déviantes, ou encore l’apprentissage des règles du marché du travail.
Le comité scientifique chargé d’évaluer les effets de la Garantie jeunes indique que la mesure atteint son « impact maximal » au début du programme et dans les mois qui suivent la sortie, «un impact positif et très significatif » puisque la part des jeunes en emploi est de 40,4% contre 34,1% chez les jeunes qui n’ont pas bénéficié du dispositif (+6,3 points) et la part en emploi durable (CDI ou CDD de longue durée) est de 20,5% au lieu de 15,9% (+4,6 points).
Si le comité d’évaluation invite à attendre les prochaines enquêtes statistiques sur les bénéficiaires de la Garantie Jeunes pour confirmer ces premiers résultats, il souligne plusieurs points de vigilance sur le non recours, le rôle des missions locales et des CAS ainsi que sur la coordination des politiques territoriales en faveur des jeunes en situation de précarité.

strong>360 millions d’euros à pleine charge
Des conclusions qui ne détonnent pas avec celles des magistrats de la Cour des Comptes. Dans un rapport de décembre 2015 sur les dispositifs en faveur des jeunes sortis sans qualification du système scolaire, la Cour des Comptes avait souligné les bénéfices de « l’approche collective » de l’accompagnement prévu par la Garantie Jeunes, de son « rythme soutenu » durant les premiers mois, de « la multiplication des liens avec l’entreprise » lors de périodes d’immersion et l’importance de l’allocation versée aux jeunes. Mais le rapport s’était également interrogé sur le ciblage effectif de la Garantie jeunes sur les jeunes pour lesquels elle a été mise en œuvre, sur son articulation avec les différents dispositifs de la politique sociale et de la politique de formation, et, surtout, sur la « soutenabilité » pour les finances publiques de la généralisation de la Garantie Jeunes prévue en 2017. Pour les 100 000 jeunes visés, la mesure coûterait en effet 360 millions d’euros.