Les écoles de production ont la cote

Six nouveaux établissements, dont l’un dédié au numérique, ont ouvert leurs portes à la rentrée, portant à 25 le nombre d’écoles de production. Et une dizaine d’ouvertures sont au programme de l’année 2018.

Avec six ouvertures à la dernière rentrée de septembre, le nombre d’écoles de production a décollé, passant de 19 à 25 établissements, proposant désormais 750 places à des élèves de niveau troisième. Créées il y a une soixantaine d’années pour les plus anciennes, même si la première a ouvert en 1882, ces écoles, qui appliquent le principe du « faire pour apprendre », sur la base d’un enseignement en majeure partie pratique (2/3 du temps), se sont largement développées autour des métiers de l’industrie (mécanique, productique, métallerie, chaudronnerie, métiers automobiles), des métiers du bois, de la restauration ou des espaces verts. Mais la première école de production « numérique », Eden School vient d’ouvrir ses portes à Villeurbanne, dans la banlieue lyonnaise, sous l’égide d’Evolem Citoyen, la structure spécialisée dans le mécénat de compétences de la holding Evolem (groupe d’assurances April).

98% de taux d’insertion
« Il existe deux types d’écoles de production, précise Corentin Remond, le délégué général de la Fédération nationale des écoles de production. Celles qui sont adossées à des réseaux comme l’Icam ou les CFA de l’UIMM, et celles qui sont autonomes, crées par un collectif, notamment les écoles historiques de la région Auvergne-Rhône Alpes. Mais elles sont toujours liées à un secteur, à un métier et à un bassin d’emploi ».
L’engouement pour les écoles de production tient à plusieurs facteurs. Les jeunes ont de plus en plus de mal à trouver des contrats d’apprentissage sur des niveaux 5 (CAP) et, paradoxalement, la reprise économique qui dope l’intérim ralentit les entrées en apprentissage. D’où le succès de cette forme d’alternance « interne », puisque les écoles de production emploient elles-mêmes leurs élèves avec de la sous-traitance qui leur est confiée par les entreprises locales. Pour les familles, le taux de placement à la sortie de l’école est un critère hautement attractif. Sur les 6000 jeunes passés par ces établissements de formation, le taux d’insertion frise les 100% (98% sous deux mois), et le taux de réussite au CAP ou au Bac pro atteint 93%. Le dispositif est même doublement qualifiant : plus de la moitié des jeunes poursuivent leurs études à la sortie de l’école, vers le Bac pro ou le BTS, le plus souvent en alternance.
Le succès des écoles de production ne risque pas de se démentir : une dizaine d’ouvertures sont au menu de l’année 2018. « Nous recevons actuellement une demande d’accréditation par semaine, notamment de la part de la métallurgie qui s’intéresse vivement au dispositif », reconnaît Corentin Remond.